You are here

Le droit à une participation politique des étrangers de la troisième génération: une évidence

19 Jan 17

Les personnes étrangères dont les grands-parents ont immigré en Suisse peuvent-elles être naturalisées selon une procédure facilitée? Du point de vue des droits humains, il s’agit d’une évidence. Le 12 février 2017, le peuple suisse se prononcera sur la naturalisation facilitée des étrangers de la troisième génération. Cette votation est particulièrement importante pour l'accès au droit à la participation politique: en Suisse, environ 25 pour cent des adultes n’ont pas le droit de vote au niveau fédéral. 

L’Université de Lucerne a mené une comparaison européenne sur l’inclusion politique des personnes migrantes. La Suisse faisait partie des derniers : les nombreux obstacles pour la naturalisation sont la cause principale de ce mauvais résultat. En Allemagne, un nouveau-né reçoit automatiquement la nationalité allemande à la naissance si l’un de ses deux parents vit en Allemagne depuis huit ans au moins et possède un droit de séjour permanent. En Suisse, les tentatives pour faciliter la naturalisation ont eu la vie dure: les appels en faveur d’une naturalisation automatique n’ont eu aucune chance. La nouvelle procédure, sur laquelle le peuple suisse votera le 12 février, ne prévoit aucun automatisme dans la naturalisation : les candidat·e·s à cette naturalisation doivent remplir certaines conditions légales et certains critères en matière d’intégration. 

Cette votation sur la naturalisation facilitée des étrangères et étrangers de la troisième génération offre à nouveau la possibilité d’accorder à beaucoup d’entre nous le droit de vote et d’éligibilité, et ainsi le droit à la participation politique.

Cette situation rappelle l’introduction du droit de vote des femmes. Après des décennies de lutte, une majorité avait enfin été trouvée parmi les hommes disposant du droit de vote. La Suisse était l’un des derniers pays d’Europe à assurer la pleine citoyenneté à sa population féminine. Le peuple suisse s’exprime désormais, 46 ans après, sur les droits civiques et le droit de vote et d’éligibilité des étrangères et étrangers de la troisième génération. Il est temps qu’on leur donne la parole.