You are here

Lancement de la campagne Alliance de la société civile contre la mal nommée «initiative d'autodétermination»

« Cette initiative ampute les droits de nous toutes et tous », souligne Andrea Huber, responsable de la campagne de l’Alliance de la société civile. C’est sous ce nom que Facteur de protection D, et plus de 100 organisations partenaires et des milliers de personnes, lancent aujourd’hui la campagne de votation. Les faits montrent qu’il s’agit d’une initiative « anti-droits humains ». Les différent e s intervenant e s illustrent brièvement comment cette initiative trompeuse, si elle était acceptée, toucherait toute personne vivant en Suisse.

Une liste des 10 plus grandes contre-vérités atteste que le seul objectif de cette initiative est de faire sauter le fusible qui protège nos droits fondamentaux : la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). « Il aurait été plus honnête d’exiger directement que la Suisse dénonce la Convention, au lieu de le faire de manière détournée », conclut Mme Huber. Cette initiative de l’UDC vise la Convention de plusieurs manières : on peut la dénoncer immédiatement car il existe déjà aujourd’hui des « conflits d’obligations » entre la Constitution fédérale et la Convention, p.ex. au sujet de l’interdiction de construire des minarets. Cependant la Convention ne peut ni être adaptée, ni renégociée, comme le suggère l’initiative. La Convention fournit aujourd’hui au Tribunal fédéral un instrument solide, pour protéger les droits fondamentaux, si une loi fédérale les enfreint. De même, en cas de Oui à l’initiative, il ne sera plus possible d’obtenir gain de cause grâce à un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH). Les personnes vivant en Suisse perdront ainsi un important « fusible ».

Un jour avant que le Conseil national n’empoigne le dossier, les représentant e s de l’Alliance mettent vivement en garde contre cette amputation des droits humains. A l’aide d’exemples concrets, Marc Moser de la faîtière Inclusion Handicap illustre à quel point les arrêts de la Cour strasbourgeoise sont importants pour combler les lacunes juridiques et précise : « nous avons actuellement un cas encore pendant auprès de la Cour européenne : celui d’une personne en chaise roulante qui s’est vu refuser l’accès à un cinéma pour des questions sécuritaires ». « Cette initiative affaiblit les droits des minorités. Et nous savons ce que cela peut signifier » renchérit Roman Heggli de Pink Cross. Simone Curau-Aepli de la Ligue suisse des femmes catholiques rappelle que cette initiative contredit les valeurs chrétiennes d’égalité, liberté et responsabilité. Tandis que Bernd Steimann d’Helvetas fait lui référence aux valeurs suisses : « dans de nombreux pays où nous sommes actifs, la croix suisse symbolise fiabilité et loyauté. En nous appuyant sur ces valeurs, nous voulons continuer à nous engager à l’étranger. » Enfin, Andreas Tschöpe, du Conseil suisse des activités de jeunesse, affirme que l’initiative affaiblit la protection des enfants et des jeunes – bien au-delà de nos frontières : « c’est honteux et indigne de la Suisse. »

Contact avec les intervenant e s : Anna Trechsel, tél: 079 366 80 82, anna.trechsel@schutzfaktor-m.ch